DOSSIER COMPLET CD Ornette/ Dolphy/Tribute/Conséquences

juillet 24, 2009 dans Non classé

Ornette/Dolphy/
Tribute/Conséquences/

Mico Nissim piano, claviers, recompositions
Géraldine Laurent saxe alto avec l’aimable autorisation de DREYFUS RECORDS
Stéphane Guillaume Flûte, saxo alto, clarinette et clarinette basse)
Laurent Mignard trompette de poche
Mourad Benhammou batterie
Jean-Luc Ponthieux contrebasse

Introduction

Dans le domaine de l’Art,il existe de très nombreux cas où l’artiste crée à partir d’une œuvre existante, cette dernière lui servant de point de départ pour sa propre « déviation ». Le déjeuner sur l’herbe de Picasso d’après Manet, lui-même inspiré du Titien en est un exemple parmi les plus célèbres.

En Musique, le compositeur va souvent développer toute une série de variations-déviations à partir du thème musical qu’il s’est choisi. Mozart nous a ainsi donné toute une série de conséquences du célèbre Ah, vous dirai-je Maman !

Le Jazz est, à sa façon, presque entièrement voué à cet exercice de style.
Le thème de départ y est en général court, et l’œuvre consiste en une série d’improvisations basées sur la structure de ce thème-prétexte, souffre-douleur , victime transfigurée par la magie trangressive, quasi-perverse des improvisateurs, ceux-ci transportant, en la modifiant sans fin, la musique vers des sphères inouïes, obscures ou illuminées.
L’évolution du Jazz est au fond, quant à elle, une suite ininterrompue de « cadavres-exquis » où le lien se fait par le jeu complexe, inconscient ou maîtrisé, des infinies transmissions d’une époque à la suivante, de maître à élève.
C’est ainsi que partant du pianiste de ragtime Jelly Roll Morton (1885-1941), inventeur autoproclamé du Jazz, et en passant par Louis Armstrong (1901-1971), Miles Davis (1926-1991), et des centaines d’autres,  c’est une très longue série de rapports de cause à effet(ou d’effets à cause !) qui conduit le Jazz a être aujourd’hui ce qu’il est .

Les deux Jazz actuels

Deux grands courants semblent,à mon sens du moins, se partager l’adhésion de ce qui constitue les mondes du Jazz.
Le premier et le plus reconnu est de type « Apollinien ». Héritier du Classicisme européen et du Jazz classique, il est moderne et novateur, mais il n’échappe pas à la force d’attraction de ce qu’il convient pour la plupart des mélomanes d’appeler « le beau ».Morton, Armstrong, Davis font aujourd’hui partie de cette esthétique.
Le deuxième est moins reconnu, et il est de type « Dyonisiaque ». Héritier lui aussi de la tradition du Jazz, il est également très novateur, mais d’une autre manière. Ici l’expression se veut franchement plus libre, plus violente, plus authentique peut-être, moins référencée certainement, moins accessible sans doute.
Ce courant tente en effet d’imaginer une autre conception du beau, quitte à déplaire à pas mal de monde  . En revanche, son audace réjouit ou interroge tous ceux qui sont préoccupés par l’évolution de l’Art en général, et du Jazz en particulier .

Si on devait comparer le jazz et le cinéma, je dirais volontiers que le cinéma qui s’appuie sur un « récit » est plutôt apollinien ( le western , les films historiques,les films policiers etc), et que le cinéma qui s’appuie sur le non-récit est plutôt d’essence dyonisiaque ( Jean-Luc Godard, David Lynch,et Fellini et Casavetes pour certains  de leurs films).

Le credo de Mico Nissim

Que l’on ne me reproche pas de jouer un camp contre un autre en choisissant la deuxième voie dans mon projet ! J’aime le Jazz dans sa totalité. Et d’ailleurs tout artiste puise dans les deux courants, si tant est que ma classification est la seule possible, ce que tout un chacun est en  droit de réfuter, et avec mon consentement anticipé cela va sans dire !

Mais l’artiste que je suis a besoin aujourd’hui de s’interroger sur son propre devenir dans un monde de plus en plus difficile à déchiffrer . Dionysos répond mieux à ce questionnement qu’Apollon, du moins est-ce mon sentiment profond ! Dyonisos ennivre en déstructurant, Apollon fascine pour avoir structuré. Hors, ne sommes nous pas aujourd’hui à un point où il est urgent de redistribuer les cartes, et n’est-il pas salutaire pour cela de laisser un peu libre cours à un imaginaire débarasssé de sa gangue idéologique,si séduisante et aboutie soit-elle ?
Voilà pourquoi j’ai choisi de travailler à partir de ceux que je considère être les deux figures les plus  emblématiques de ce deuxième courant : Ornette Coleman et Eric Dolphy.
Leur musique a été et demeure novatrice, dérangeante, d’une beauté farouche, difficile à décrire, attachante jusque dans  ses « erreurs»,( mais l’Art n’est-il pas que cela?), aventureuse, virtuose, fragile, immédiate, mais qui reste gravée longtemps dans les oreilles et dans le cœur.
Il m’importe non seulement de leur rendre ce double hommage, mais de chercher une suite à leur parcours.D’où le titre du CD. Je m’interroge sur l’avenir du Jazz. En particulier sur le rapport entre l’écriture et l’improvisation. Pas seulement au niveau de la forme (grille d’accords, jeu modal ou « free ») mais aussi au niveau des métaphores existentielles dont ces deux notions sont porteuses. Et là, on rejoint la différence entre imaginaire et idéologie, que ce soit au niveau politique ou au niveau de l’art.
Travailler sur les conséquences d’Ornette Coleman et d’Eric Dolphy, c’est célébrer une fête pour le temps présent, mais aussi en préparer d’autres pour le futur. A ma façon, fière et modeste, mais au sein du grand creuset culturel aussi nécessaire à l’existence que le gîte et le couvert .

Je voudrais qu’il émane de ce disque une musique au lyrisme poignant, une authenticité nourrie des racines du Jazz, musique de la révolte et du plaisir, musique du rejet(déconstruction) mais aussi de l’assimilation(reconstruction). Musique de l’instant, ou plutôt des infinis possibles à partir de l’instant.

La préparation du disque

Tous les musiciens de Jazz moderne connaissent Ornette et Dolphy. Je fais partie de ceux qui ont découvert ces deux musiciens vers la fin des années 60, c’est à dire à un point de résonnance maximum avec l’émergence d’une jeunesse en rupture totale avec la génération précédente. Mais comme tous les phares , point n’est besoin de s’en approcher pour ressentir leur présence. Ils illuminent la nuit de très loin.
Pourtant, au moment de travailler sur mon projet, il a bien fallu me rapprocher au risque d’être ébloui !
J’ai donc écouté de très nombreux CD ou 33 tours. Et petit à petit, j’ai pu ressentir quels thèmes je pouvais reprendre à mon compte. Sans toutefois préméditer du traitement que j’allais leur assigner.
Parallèlement, j’ai lu attentivement les livres de Ekkehard Jost(Free Jazz), de Peter Niklas Wilson ( Ornette Coleman, his life and music), les articles de Vincent Cotro (Ornette Coleman, de la pensée intérieure au geste vocal), et de Cynthia Solo ( An analysis of Polyrythm in Selected Improvised Jazz Solos ).
A partir de là, je disposais déjà d’une bonne connaissance des styles de nos deux musiciens, sans compter le fameux concept d’Harmolodie, inventé par Ornette.
Je me mis aussi à glaner des relevés de solos, et aussi à en relever moi-même.
Enfin, je pus choisir mon répertoire et écrire les premiers arrangements.

Le disque

répertoire

Eric Dolphy : Out to lunch, GW, Serene.
Ornette Coleman :Congeniality, Blessing, Sadness, Lonely woman, Jump Steet
Mico Nissim Arrangements et recomposition

. J’ai voulu puiser non seulement dans l’histoire et le répertoire thématique, mais aussi dans l’essence des improvisations d’Ornette et de Dolphy. Je ne voulais surtout pas me perdre dans une adulation pétrifiée,non, je voulais repérer dans leurs enregistrements des éléments propres à être développés et réactivés dans le style qui est devenu le mien. Le processus de création m’a conduit de ce point de départ vers de nouveaux signes, vers une esthétique que j’espère sinon originale du moins singulière, et porteuse de l’envie de m’aventurer encore plus loin . Point of departure n’était-il pas déjà, au milieu des années 60,le titre d’un album emblématique d’Andrew Hill avec Eric Dolphy !

musicienne, musiciens

Qui choisir pour incarner ce projet ? Le choix n’était pas si vaste car en faisant appel à des artistes parmi les plus inventifs de la génération actuelle le problème de leur disponibilité entrerait nécessairement en ligne de compte. Mais j’ai eu beaucoup de chance. J’ai sollicité avec succès dans un premier temps Géraldine Laurent (saxe alto),  Laurent Mignard (trompette) et Mourad Benhammou (dms). Je les voulais  non pas tant pour leur virtuosité que pour la splendide « fêlure » qu’ils entretiennent, animés qu’ils sont par une inspiration digne de Dolphy, d’Ornette, et par filiation de Don Cherry. Le choix de Stéphane Guillaume, poly instrumentiste,s’est fait dans un deuxième temps sur les conseils éclairés de Laurent Cugny. Stéphane  apporte avec sa flûte et sa clarinette basse la nécessaire parenté avec les instruments d’Eric Dolphy. Il l’apporte avec sa manière à lui, forte, ,généreuse et inspirée. Enfin j’ai ressenti le besoin de compléter ce tableau avec un proche, afin de contrebalancer le musiciens précédents avec qui je n’avais jamais travaillé avant.C’est le contrebassiste Jean-Luc Ponthieux qui apporte donc ici ,outre sa longue complicité avec moi, une vraie capacité à assurer avec la batterie de Mourad les fondements de cette déconstruction/reconstruction d’Ornette-Dolphy.
Tous ces musiciens apportent dans ce CD une aisance confondante et ultra féconde quelle que soit la proposition : exposés de thèmes emblématiques , arrangements délicats, improvisations  harmoniques, modales, ouvertes ou harmolodiques, solistes ou collectives, dans un groove libre ou rigoureux, avec un son nuancé dans toute l’étendue des registres . Emotion sans a priori et compréhension entre les lignes .
L’enregistrement

Ce ne fut pas facile de choisir entre le studio et le live, car le budget n’étant pas extensible, il me fallait opter entre deux compromis.
Le studio permet un choix entre plusieurs prises, mais est-on sûr d’obtenir dans un temps quand même limité quelque chose qui pour être abouti à coup sûr techniquement soit de surcroît (et c’est essentiel !) inspiré et vivant?
L’enregistrement live dans un temps limité traduit presque à coup sûr le côté vivant de la musique. Le danger est qu’on ne peut pas éviter certaines erreurs techniques dans le jeu, et aussi dans le son enregistré. Mais le risque majeur est que la musique , même vivante et communicative grâce au public, n’en soit pas pour autant réellement excitante, inspirée et chargée de « sens », en un mot : valant le coup d’exister .

J’ai fait le pari du live : un seul concert public le 31 Mars 2009 au Studio de l’Ermitage à Paris, enregistré par les soins de Jacques Laville du studio Guimick. Je ne le regrette pas.
Le mixage s’est fait en deux temps. D’abord par Jacques Laville tout seul.
J’ai écouté pendant un mois cette première mouture, et j’ai retrouvé Jacques pour une journée suplémentaire où nous avons finalisé ensemble le mixage.

Le mastering enfin m’a permis d’approfondir encore le travail du son. By-pass, équalisation, ultramaximilisation, remise en espace, montage d’un morceau à l’autre à travers les applaudissements.

Le résultat est là, et c’est un petit moment d’éternel inaboutissement, ou d’aboutissement inéternel.

Les artistes

Les créateurs

Ornette Coleman

Saxophoniste, trompettiste, violoniste et compositeur, Ornette Coleman est l’une des personnalités emblématiques du free jazz. Personnage curieux et artistiquement ouvert, il étend son influence du jazz des années 60 jusqu’à la pop musique et les avant-gardes de la fin du XXème siècle et du début du XXIème.

Il continue de se produire régulièrement à travers le monde et enregistre toujours des albums d’avant-garde. Styliste hors pairs, dynamiteur de style, Ornette Coleman ne fait toujours pas l’unanimité, mais reste un des musiciens de jazz des plus innovants et passionnants.

Eric Dolphy

Eric Dolphy (né à Los Angeles en 1928) a débuté vers 1948/49, John Coltrane et Ornette Coleman et Charlie Mingus ses plus célèbres compagnons de route.
En 1960 il enregistre l’album le plus célèbre jusqu’à aujourd’hui du Jazz d’avant-garde : Out to lunch.
Tout au long de sa fulgurante et courte carrière (il est mort en 1964 d’une crise cardiaque) Dolphy pratiquera une musique hors normes sur ses nombreux instruments ( clarinette, clarinette basse, flûte, saxophone alto), atteignant des sommets de virtuosité et de complexité qui en 2009 laissent encore musiciens et public envoûtés.

Le re-compositeur
Mico Nissim
Mico Nissim est né le 20 Juin 1947 à Nice, de parents originaires de Salonique et de culture judéo-espagnole. Après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur, et trois années passées à enseigner les Mathématiques dont une en Coopération au Sénégal, il opte en 1974 pour la carrière de musicien avec pour tout bagage une formation de pianiste classique acquise entre 4 et 16 ans.

Son parcours est jalonné de multiples rencontres dans tous les domaines de l’Art, et dans tous les styles de Musique. Mais c’est le Jazz qui sera sa vraie famille. Il lui devra d’avoir joué avec des musiciens de renom (Aldo Romano,Michel Portal,Patrice Caratini,Steve Lacy,Daniel Humair, etc) , d’avoir participé à de nombreux groupes aux côtés de la plupart des musiciens français (Gérard Marais, Michel Edelin, Didier Malherbe, Elise Caron, François Laizeau, Denis Leloup, Doudou Gouiran , François Couturier, etc, etc), d’avoir fait partie de l’Orchestre National de Jazz de 1989 à 1991 sous la direction de Claude Barthélémy, et d’avoir enregistré huit albums sous son nom.

Depuis ses débuts, cet artiste autodidacte a développé une écriture singulière, absorbant au passage le meilleur des influences qui se sont imposées à lui. Savante et populaire, sa musique est bien à l’image du Jazz, mais elle intègre en plus nombre d’éléments propres aux autres musiques du XXème, de Debussy à Phil Glass, de Soft Machine à Frank Zappa. A sa sortie d’ONJ, il a monté de nombreuses créations, certaines croisant le Jazz et la poésie (Borges, Pessoa, Renard), et il est devenu un compositeur très apprécié par les meilleurs solistes ou ensembles internationaux d’instruments à vent (Sérgio Carolino, Eutépé, Just’à 5, Musique de l’Air, des Gardiens de la Paix etc..).

Dans tous les domaines explorés, il a cherché, dans le rapport avec le texte et le spectacle vivant, à exprimer une forme d’humanisme où la musique est porteuse de sens, en même temps que de rêve. A ce titre il vient de fonder « Les Enchantés », quatuor vocal avec piano dont il a écrit les musiques sur des textes célèbres de la poésie française de Villon à Max Jacob.

Par ailleurs il a pu composer une cinquantaine de musiques de scène pour des metteurs en scène ou des compagnies réputés (François Marthouret, Jean-Paul Wenzel, Christian Colin, Théâtre de l’Aquarium etc). Il a accompagné un certain nombre de chanteurs dont Sacha Distel ,Brigitte Fontaine, Nilda Fernandez et Font et Val. Pour eux et bien d’autres, il a écrit une foule d’arrangements destinés au vinyl et au CD. Il a aussi enregistré avec Marquis de Sade, fameux groupe de rock dans les années 80.

Depuis 10 ans, soucieux de transmettre un savoir acquis au fil des ans et de son métier, Mico Nissim s’intéresse de près à la pratique amateur. Il a fondé en 1999 et dirige à Cergy « Le Vent Se Lève », orchestre atypique fort de 35 musiciens amateurs de haut niveau .Ici encore il laisse libre cours à sa soif insatiable de rencontres (Ciné-concerts, ballets, festivals de Jazz, invitation de grands solistes et compositeurs professionnels). C’est dans le même état d’esprit qu’il enseigne le jazz au Conservatoire de St Cloud. Il y développe un enseignement où s’ équilibrent une pratique intuitive de l’improvisation et une bonne connaissance de la tradition du Jazz.

Discographie personnelle

Victor is dancing Label Accord-Accort
Solo Label Charlotte Records
Decaphonie Label Accord-Accort
Le dragon des mers Label R.D.C. Records
Dunya II(idem) Label Attitude Records
Dunya(avec la participation de Toure Kunda) Label Celluloïd
Darlinghetta Label Cobalt
Glucose confectionnerie Label Futura

Les interprètes

Mourad Benhammou
Batterie
le batteur de la nouvelle génération jazz de la scène française
Né en 1969 à Paris, autodidacte, il commence la batterie à l’âge de 15 ans. Il se perfectionne au contact de Sunny Murray. A partir de 1992, il joue professionnellement dans les clubs parisiens où il accompagne, entre autres, les meilleurs musiciens de la scène nationale. Puis il part aux Etats-Unis à la rencontre du légendaire batteur Walter Perkins avec lequel il nouera une profonde amitié. Suite à ce voyage, il décide de donner naissance à un nouveau projet intitulé « Jazz Workers ». Depuis 10 ans Mourad Benhammou a enregistré et travaillé dans le monde entier avec les plus grands jazzmen internationaux : James Spaulding, Barry Harris, Frank Morgan, David Murray, Ricky Ford, Doug Raney…

Stéphane Guillaume
Clarinette basse, flûte, sax alto
Membre de l’ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ
Dès l’âge de 17 ans, Stéphane Guillaume entre dans le monde du jazz en se produisant aux côtés de Jean Bonal, de Jacques Vidal, de Ted Hawke… En même temps lui est décerné un 1er prix du conservatoire de paris en saxophone classique. Il se produit régulièrement au sein du Big Band “Lumière” de Laurent Cugny, des formations de Stéphane Huchard, de Gueorgui Kornazov, de Benoit Sourisse et André Charlier, du Paris Jazz Big Band de Pierre Bertrand et Nicolas Folmer…
On a pu également l’écouter dans, le “Jazz Ensemble” de Patrice Caratini (de 1997 à 2003),avec Quincy Jones, Claude Nougaro, Toots Thielemanns et le “New Quartet” de Didier lockwood…

Géraldine Laurent
Saxophone
Révélation Jazz à Juan – 2006/Django d’Or Jeune Talent – 2006
Victoires de la musique – Révélation– 2008
Géraldine Laurent est une musicienne d’aujourd’hui, une improvisatrice de son temps. Un temps composé tout à la fois de passé et de présent, inséparablement personnel et collectif.
Découverte en 2005 au Festival de Calvi, la jeune altiste fascine par son jeu incessant entre mémoire vive du jazz (Rollins, Dolphy, Mingus…) et urgence de l’instant, tradition et invention, racines et originalité, rigueur et fougue.
Discographie : Times out trio (Dreyfus)

Laurent Mignard
Trompette de poche
Lauréat du concours national de jazz de La Défense en 2002
Laurent Mignard, trompettiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre est né en 1965, a suivi plusieurs formations musicales.
Il rend hommage à Ellington lors une série de concerts avec le Duke Orchestra avec la chanteuse Lavelle et le chœur Vocal Spirit L’enseignement représente également pour lui un cadre de recherches et d’échanges ; il imagine aussi des actions pédagogiques spectaculaires telles que Le Train du Jazz (conception et scénographie) et Une ballade dans les villes du Jazz (en sextet).

MICO Nissim
Piano
Membre de l’ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ
Mico Nissim se considère comme un autodidacte. Non qu’il ait appris le piano tout seul, tant s’en faut. De 4 à 16 ans il a régulièrement et courageusement franchi le seuil de l’appartement de son professeur de piano, Hélène Fabre-Bossard. Aujourd’hui on parlerait d’une fin de 3ème cycle, pas de quoi s’affoler.
Mais le Jazz, oui, il a appris tout seul, car au fond il a toujours souhaité développer un jeu parfaitement singulier. Et c’est toujours le cas. Aucun cliché emprunté à qui que ce soit, malgré sa vénération pour Jarrett, Bley et Hancock.
Le « perfectionnement professionnel » s’est fait au fil des rencontres avec les musiciens, les disques, les partitions et les livres.
Mais le jeu de Mico Nissim n’est qu’une promenade sur un fil tendu très haut avec plein de visions, de peurs, de rires  et de colères, et à l’autre bout le havre tant attendu et aussitôt quitté de peur de ne plus savoir repartir.
La phrase jouée est autant une affirmation qu’un questionnement, la main se pose là où elle n’est pas attendue, et le piano ne sait pas s’il aime ou déteste cette mystérieuse caresse de la chose inventée . Il chante avec son pianiste dans un duo d’aveugles lucides.

Jean Luc Ponthieux
Contrebasse
Membre de l’ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ
Co-fondateur avec Philippe Deschepper, Martin Fredebeul et J. Mahieux du groupe E.A.O. et autres noms d’oiseaux, il entre dans le Big Band de Guitares de Gérard Marais, qui créera le célèbre opéra jazz  « La Baraque Rouge’.   Il joue en Quartet et trio avec Jean-Marc Padovani, Christian Lété et Francis Lockwood. Il sera à l’Orchestre National de Jazz dirigé par C. Barthélémy. Complice de Mico Nissim, rencontré au sein de l’ONJ, il enregistre et part tournée en Amérique du Sud avec le trio de M. Nissim. Puis il crée le Jean-Luc Ponthieux Quintet  « DOUBLE BASSE » avec J.L. Matinier, B. Rangell, M. Godard et C. Lété. Sortie pour le Label HOPI du C.D. « E PERICOLOSO SPORGERSI »,  spectacle ferroviaire en duo avec Jean-Louis Matinier, sur des textes de Jacques Réda dits par Philippe Faure.

La presse en parle

à propos de : Victor is dancing
Libération
Vendredi 30 avril et Dimanche 2 mai 2004
Serge Loupien

Depuis 1971, et la publication chez Futura d’un premier album en trio ( avec les frères Mechali, François à la contrebasse et Jean–Louis à la batterie, en guise de section rythmique ) sous l’intitulé Glucose Confectionnerie ( Collector ), Mico nissim nous enchante à dose homéopathique, qui ne fréquente les studios d’enregistrement qu’avec parcimonie. Attitude que l’on pourrait qualifier de commercialement suicidaire (même si Mico Nissim sévit régulièrement dans le domaine des partitions scéniques, de la variété,  ou travaille également avec des enfants ), mais qui, au contraire, n’en donne que plus de prix à sa musique.
Darlinghetta, par exemple, son deuxième album commercialisé par Cobalt en 1980, demeure ainsi un must en matière de piano solo, alors que douze ans ( et trois disques ) plus tard, Le Dragon des Mers  (RDC) s’attachait à souligner tout ce que le clavier de l’Orchestre National de jazz ( Version Claude Barthélémy, 1989-1991 ) doit à Frank Zappa.
Victor is dancing, huitième opus du pianiste conçu avec le concours du quintette “ Cinq sûrs, cinq » ( Jacques Mahieux, Jacques Bolognesi, Jean Aussanaire, Sébastien Boisseau ), se distingue, quant à lui, par cette espèce de quiétude communicative qu’il dégage auprès de l’auditeur. Comme si en regardant Victor ( Nissim ) danser, son compositeur de père avait enfin trouvé un semblant de sérénité.

Charlie Hebdo
Mercredi 17 décembre 2003

Cinq ans après Solo, Mico Nissim, recordman du monde de piano, revient avec un nouvel enregistrement, Victor is dancing, et un nouvel orchestre, «  Cinq sûrs, cinq ». Produit par  Accort- Accort, distribué par les Allumés du Jazz ( www.allumesdujazz.com)
Les Allumés du Jazz
1er trimestre 2004

Cinq ans après Solo, Mico Nissim nous revient avec son nouvel enregistrement Victor is dancing. Cinq ans de silence mais surtout cinq ans de gestation pour ce nouvel orchestre. Au programme, d’abord des compositions anciennes, mais sous un jour différent. Lumière, spontanéité et couleur. Et puis des chansons dont les textes, écrits par Jacques Mahieux, célèbrent avec éclat le libéralisme en  Amérique et en Afrique ; et enfin des nouveautés. Au piano seul, ou avec des machines seules. La musique est toujours aussi tendre, charmeuse et singulière.

Jazz Magazine
Février 2004
Denis-Constant Martin

Florilège mélodique d’un pianiste et compositeur apparu dans les sillons du jazz en 1971 avec des pièces faussement sucrées ( Glucose Confectionnerie, Futura ) rythmées par les frères Mechali et ayant enregistré une demi douzaine d’autres disques. Marqué au départ par les claviéristes de Miles ( Hancock, Corea) , Mico Nissim s’est inventé un univers de nuées électroniques et de chansons françaises. En touches discrètes, joliment colorées par Bolognesi ( parfois au piano à bretelles ) et Aussanaire, il ajoute ici à sa palette un rien d’Orient latin et laisse Jacques Mahieux étaler ces sombres poèmes dont il a le secret. Victor a toutes les raisons de danser gentiment.

à propos de : Décaphonie

Info Matin
23 février 1994
Jean-Noël von der Weid

…Nissim est ce pianiste largement sous-estimé et maître-compositeur hors des modes, qui poursuit ses compositions magiques et péremptoires…

Jazz Hot
avril 1994
Jean-Paul Martin

….de belles compositions lunaires, une musique accessible à un public bien plus large qu’à celui du jazz (ou supposé tel).

à propos de : Le Dragon Des Mers

Libération
Vendredi 1er janvier 1993
Serge Loupien

….Mico Nissim est revenu à ses premières amours, le solo et le trio, renouant naturellement avec les qualités (délicatesse du toucher, souplesse du phrasé, jeu impressionniste) qui faisaient déjà toute la saveur de Darlinghetta….
…. A noter également la solidité du répertoire….qui prouve ( mais n’est-ce pas dû aussi à la rareté de ses enregistrements) à quel point Mico Nissim, personnage attachant de la scène du jazz français, peut être un pianiste sous-estimé.

L’Humanité
9 juin 1993
….son jazz, sans complaisance et aux harmonies raffinées, célèbre avec lyrisme la mélodie…

Jazz Magazine
décembre 1992
Eric Lemaître

Loin de l’exubérante virtuosité souvent stérile de certains pianistes, Mico Nissim distille un jeu impressionniste. Couleurs chaleureuses, toucher raffiné, phrasé souple et aéré : à l’image des compositions qui, sans sophistication outrancière, révèlent une écriture mélodique et harmonique très sensible….